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Écrit par Fabrice.D   
 
 
Ils sont des dizaines à se présenter, à Luxeuil et Saint-Loup, pour faire bonne figuration dans « Indigènes », au côté de Jamel Debbouze et Samy Naceri.

De début mars à mi-avril, l'équipe du film « Indigènes », de Rachid Bouchareb, va s'installer à Luxeuil et travailler dans les environs. Un tournage qui demandera, pour les scènes tournées dans la région, la participation de quelque 350 figurants dont une grande majorité de type maghrébin, le film traitant du destin des tirailleurs marocains durant la seconde guerre mondiale. Ce sont ces soldats de cinéma que Marion Touitou, responsable du casting, est venue recruter sur place, cette semaine. 

Les relais locaux

Une petite mise en condition, quelques indispensables détails de mise au point, un questionnaire rempli et déposé, une poignée de secondes en tête-à-tête, une photo numérique, : les entretiens éclair se succèdent sans temps mort. A la salle François-Mitterrand de Saint-Loup-sur-Semouse puis à la mairie de Luxeuil, Marion et son assistante Justine gèrent le temps et l'affluence avec professionnalisme.

 

« Nous avons bien été aidées par les relais locaux comme, ici à Luxeuil, les responsables de l'AJEL qui ont bien préparé leurs troupes, qui les ont motivées. Nous aurons encore besoin d'eux le moment venu pour les encadrer », déclare la directrice de casting laquelle, au terme de ces rencontres, se chargera de faire le tri parmi ceux qui sont retenus et ceux qui ne le seront pas, se servant pour cela des impressions ressenties et des notes prises sur le vif. « Quelques minutes suffisent à juger de la motivation, du sérieux de la personne », assure-t-elle, soulignant qu'il est indispensable d'avoir affaire à des gens impliqués, histoire de ne pas avoir de défections, le jour du tournage venu.


Réhabiliter les grands-pères

Dans le couloir, chacun attend son tour. Beaucoup de jeunes « beurs », bien sûr, mais pas seulement, sachant qu'il est besoin de personnages représentant des tirailleurs sénégalais, des soldats français ou allemands, des villageois du cru, etc.

Des figurants qui, pour ceux qui sont retenus, prendront part de trois à onze jours de tournage et recevront 60 € par journée. Mais, pour la plupart, ce n'est pas le cachet qui constitue le nerf de l'envie, comme le précise Stéphane, un Luron qui a d'ores et déjà prévu de s'arranger avec son employeur pour participer au film : « C'est l'occasion de sortir de la vie quotidienne, de faire une expérience. »

Même raison avancée par quelques jeunes du Messier qui avancent en outre un motif supplémentaire, également révélée la veille chez les Lupéens : le sujet du film.

« Mon propre grand-père a participé à cette guerre ; c'est l'occasion de voir ce qu'il a vécu. Ces tirailleurs marocains, c'est aussi l'occasion de les réhabiliter, de leur donner la reconnaissance qu'ils méritent », dit Mohamed, 28 ans, conforté par Ali, 27 ans : « Les grands-parents nous ont raconté cette guerre, sans haine mais avec une certaine amertume. »

Et puis, commentaire assez unanime, la perspective de côtoyer Jamel Debbouze et Samy Naceri n'est pas étrangère à l'engouement de la plupart. « Même s'il ne s'agit là que d'une mince éventualité », a cependant prévenu Marion Touitou.

 




 

Mise à jour le Vendredi 02 Janvier 2009 21:59
 
Lundi 06 Septembre 2010
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