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Paroles d'indigénes ( avec Jamel DEBBOUZE )
Écrit par Fabrice.D   
Lundi 11 Avril 2005 00:00

 

Ils sont une quinzaine de jeunes du Messier à participer au film de Rachid Bouchareb, en cours de réalisation. Impressions.

Il y a quelques mois encore, si on leur avait dit qu'ils allaient se retrouver devant l'œil de la caméra, ils en auraient bien rigolé. Pourtant, les voilà embarqués dans la grande aventure d'un vrai long-métrage. Ils vivent cette expérience avec un plaisir et un enthousiasme non dissimulés. Dans les locaux de l'association des Jeunes Espoirs, les figurants Luxoviens du film « Indigènes » livrent leurs sensations de serviteurs du 7e art.

« Un tournage, ce n'est pas ce qu'on croyait. Il y a notamment beaucoup d'attente alors qu'on pensait que ça allait vite. Parfois, il faut toute une journée de travail pour une séquence qui, sur l'écran, durera trente secondes » s'étonne Mohamed, l'animateur de L'AJEL qui s'est lui aussi lancé dans cette affaire et a revêtu l'uniforme pour la circonstance.

« Comme on a de longs moments d'attente, on regarde comment se déroule le tournage. C'est intéressant à voir. Moi, maintenant, je ne regarde plus un film comme avant : j'imagine les techniciens autour de la scène, je suis le mouvement des caméras, je fais attention aux raccords », renchérit Najib.

 

 

 

Dans la peau des aïeux

Un peu surpris le premier jour, les figurants luxoviens se sont vite adaptés et ont compris qu'il ne fallait pas trop chercher à trouver une cohérence dans l'avancement du travail mais se cantonner à suivre les consignes qu'ils reçoivent chaque matin en arrivant, et se montrer disponibles. Même si, de temps en temps, une suggestion intéressante émise par l'un d'eux peut être adoptée et appliquée par le metteur en scène, ce qui est valorisant.

« On ne se sent pas vraiment comédiens mais on fait tout à fond et, au fil du temps, on est de plus en plus performant », note Ali qui se déclare, en outre, très satisfait de la façon dont les figurants sont traités : « On s'occupe bien de nous et avec le sourire, en plus. »

Autre motif de contentement : l'excellente ambiance qui règne entre l'ensemble des figurants, d'où qu'ils viennent, ainsi que le bon contact avec les « vrais » acteurs, à l'image de Sami Bouajila, avec lequel ils ont partagé certaines scènes.

Et puis, comme l'ensemble du groupe tient à le souligner, le thème même du film, qui traite du sort des soldats marocains durant la Deuxième Guerre mondiale, a de quoi les motiver. Peut-être plus encore Saïd, dont un oncle s'est trouvé dans cette situation alors que son père a fait l'Indochine et qu'un autre de ses oncles a été... figurant de ce même film lors des séances de tournage au Maroc, au début de l'année.

Après une petite pause pour cause de déménagement du tournage, les jeunes Luxoviens s'apprêtent à enfiler à nouveau l'uniforme et reprendre leur rôle dans l'histoire filmée de leurs aïeux guerriers.

Avec la double envie d'y mettre tout leur cœur.




Mise à jour le Vendredi 11 Juin 2010 22:49
 
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