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La ministre a rencontré les ouvrières de chez Dumeste. Photos Jean-Loup CORNET


La ministre Catherine Vautrin est allée tâter
le pouls d'un secteur à travers ses difficultés.


« On pourrait pu organiser une visite de salon, confortable... On a préféré proposer une visite de terrain », a résumé le député Michel Raison, parlant du passage qu'à son initiative Catherine Vautrin, secrétaire d'État à la cohésion sociale et à la parité, a effectué hier dans le département.

Un déplacement qui, pour l'essentiel, s'est déroulé dans l'arrondissement de Lure, avec une entame à Luxeuil où la représentante du gouvernement s'est, en effet, trouvée confrontée à des problèmes avérés relevant de ses compétences.

C'est par les Ets Dumeste, entreprise sinistrée de 150 salariés qui fermera ses portes en juillet, que la ministre a débuté son périple.

Accueillie par un groupe d'employés déterminés à exprimer leur mécontentement, elle a accompli un tour des ateliers qui se voulait rapide mais qui a été ralenti par des interventions propres à lui rappeler la réalité de ceux qui s'apprêtent à perdre leur travail. A l'image de cette ouvrière qui, interrompant le va-et-vient de l'aiguille de sa machine à coudre, n'a pas manqué de l'entretenir de sa situation et de celle de ses collègues.

L'occasion pour Catherine Vautrin de déployer son argumentaire concernant la nécessité de changer de cap, de se former, d'examiner des orientations nouvelles comme les services aux personnes ou le bâtiment, secteurs fournisseurs d'emplois et demandeurs de main d'oeuvre. « Aller balayer chez les vieux ou porter des agglos par moins dix degrés ? On n'a pas forcément envie », s'est-elle entendu répondre.

Cette invitation à revoir ses perspectives professionnelles, la secrétaire d'État la renouvellera néanmoins lors de la réunion destinée en principe aux délégués du personnel mais à laquelle une délégation supplémentaire s'est jointe de façon informelle, ce qui a eu l'effet de faire cesser, à l'extérieur, un brouhaha revendicatif croissant, et de donner un peu de sel aux échanges qui s'annonçaient feutrés.

Un adulte-relais

« Il y a un moment où il faut regarder où se situent les possibilités d'embauches et, par ailleurs, se dire qu'une carrière professionnelle se fait désormais dans plusieurs entreprises et souvent dans plusieurs secteurs d'activités », a répété Catherine Vautrin sur le ton de la flexibilité avant de quitter l'usine Dumeste pour rallier, à quelques tours de roue de là, les locaux de l'association des Jeunes Espoirs Luxoviens (AJEL), association de terrain, pour une rencontre sur fond de discrimination à l'emploi et d'intégration par le travail. Et ce, dans un quartier qui présente un des plus forts taux de chômage de tout le département.

Pour les acteurs de terrain, le moment de dévoiler les actions mises en place pour accompagner les jeunes vers le monde du travail, dans un quartier qui offre le « désavantage » de n'être pas classé en zone urbaine sensible et donc bénéficier des aides inhérentes.

Le moment aussi, pour les responsables de l'association, de déplorer le manque de moyens dont ils souffrent pour intensifier leur action. En réponse, la secrétaire d'État a évoqué le doublement, au niveau national, du nombre de postes d'adultes-relais, personnes chargées de l'animation dans les quartiers et s'en engagée à ce qu'un poste de ce type, financé par l'État, soit créé au profit de l'association luxovienne.

Mise à jour le Jeudi 26 Février 2009 19:11
 
Vendredi 30 Juillet 2010
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