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Pas si simple de faire tourner une assiette. Bobof indique la bonne manière de tenir la baguette.
Sous le chapiteau de la compagnie de l'Arrache Clown, se succèdent divers groupes en vue de la réalisation d'un spectacle. Découverte. Le cirque Bobof a planté son chapiteau il y a une dizaine de jours sur le parking de l'ancien magasin Gifi. Un cirque pas comme les autres. Sous sa voûte étoilée, se succèdent des ateliers de découverte du cirque qui déboucheront sur un spectacle les 10 et 11 mai.
Assis sur la piste, les CM de l'école du stade écoutent avec attention Pascal Boffy. Le clown Bobof, vêtu d'un tee-shirt noir sur lequel se détache en blanc l'inscription « Tibet libre », a changé de peau pour se glisser dans celle d'un pédagogue. Il raconte l'histoire du cirque, le chapiteau, la piste, les objets insolites. Explique le cirque contemporain. « Ce n'est pas une succession de numéros avec beaucoup d'animaux. Le spectacle raconte une histoire. Il est écrit, comporte des musiques originales et un gros travail de lumière ». Un sujet qu'il connaît bien pour avoir fait partie de ses créateurs.
Une initiation valorisante
Le cirque Bobof compte tout de même deux animaux. Kalinka, la chatte tigrée, qui du haut d'une pile de matelas semble veiller sur les enfants. Et la cane Abis, qui souhaite la bienvenue depuis le parc improvisé où elle a été reléguée pour ne pas perturber les séances.
Après « le bla-bla », tout le monde en piste pour une découverte des arts du cirque. « Des choses qui aboutissent à coup sûr à un résultat », souligne Pascal. « On passe aux assiettes », lance-t-il, emmenant un groupe d'enfants. Des assiettes au fond convexe et pourvues d'un rebord dans lequel vient s'encastrer la baguette. « On la tient comme une fleur, avec délicatesse. Le poignet reste souple », explique-t-il en faisant danser son assiette avec aisance. Pas si simple !
Un vaste projet
Pendant ce temps, un autre groupe apprend à jongler avec des foulards de couleurs différentes avec Michel Debely. Clown de profession lui aussi. Formé par Annie Fratellini, il a travaillé de longues années avec elle.
Cette initiation scolaire fait partie d'un vaste projet lancé par le service politique de la ville dans le cadre du CUCS (voir encadré), en lien avec le milieu associatif. Et qui a pour but « d'impliquer et faire se rencontrer des gens de toutes générations et toutes origines », comme le confie Frédéric Burghard, adjoint à l'action sociale, qui s'est immergé dans cette opération montée depuis plusieurs mois par Camille Bonhomme. Dont le départ a eu lieu en novembre avec des ateliers jeunes à l'AJEL, qui ont débouché sur un petit spectacle.
Durant la dernière semaine de mars, le chapiteau a accueilli des jeunes de 17 à 25 ans, en formation professionnelle ou en recherche d'emploi. Ainsi que des femmes en cours d'apprentissage du français avec le réseau AAMIS puis la semaine dernière, des élèves des écoles élémentaires et de l'IME. Les plus motivés à l'issue de cette découverte se retrouveront du 7 au 11 avril pour aller plus loin dans l'apprentissage des arts du cirque. « Ils aborderont le monocycle, le trampoline, le travail aérien, l'équilibre sur objets... lors d'un stage de deux jours et demi », indique Pascal Boffy.
De quoi concocter un spectacle final, avec la participation d'autres bénévoles chargés de la réalisation des costumes, des décors, de la communication et même de la création musicale, dans les ateliers ad hoc.
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